Erasmus : comment ça marche et par où commencer ?

Erasmus+ est le programme de l’Union européenne qui finance les séjours d’études et de stage à l’étranger. En 2025, l’agence Erasmus+ France a financé 70 746 mobilités d’étudiants de l’enseignement supérieur, pour une durée moyenne de 104 jours. Le principe tient en une phrase : vous restez inscrit dans votre établissement français, vous suivez des cours dans une université partenaire d’un autre pays, et ces cours comptent dans votre diplôme.
Ce guide explique le fonctionnement du programme dans l’ordre où les questions se posent. Les chiffres viennent du guide du programme de la Commission européenne, de l’agence Erasmus+ France et du ministère de l’Enseignement supérieur. Ils sont à jour pour l’année 2026-2027.
Qui peut partir
Il faut être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur titulaire de la charte Erasmus pour l’enseignement supérieur (ECHE). C’est le cas des universités, de la plupart des écoles et de nombreux lycées pour les BTS. Les étudiants, les apprentis et les personnes en formation continue qui préparent un diplôme de l’enseignement supérieur peuvent partir.
Votre nationalité ne compte pas : c’est le pays de l’établissement où vous êtes inscrit qui détermine votre accès au programme. Il n’existe pas non plus de condition de revenus ni de moyenne minimale fixée au niveau européen. Ce sont les établissements qui sélectionnent leurs candidats, avec leurs propres critères.
Le programme n’exclut pas les étudiants de première année, mais dans les faits, la plupart des établissements ouvrent les séjours d’études à partir de la deuxième année de licence. Université Paris Cité, par exemple, demande d’avoir validé la L1. Renseignez-vous auprès du service des relations internationales de votre établissement dès la première année : c’est souvent à ce moment que se prépare un départ en L3.
Études ou stage
Le programme finance deux types de séjour.
La mobilité d’études dure de 2 à 12 mois dans une université partenaire. Dans la pratique, la plupart des étudiants partent un semestre ou une année universitaire.
Le stage dure aussi de 2 à 12 mois, dans une entreprise, une association ou un organisme public d’un autre pays. Il peut aussi se faire juste après le diplôme : l’étudiant doit alors avoir été sélectionné pendant sa dernière année d’études, et le stage doit avoir lieu dans l’année qui suit l’obtention du diplôme. Le stage donne droit à une bourse plus élevée que les études.
Il existe enfin des mobilités courtes hybrides, de 5 à 30 jours sur place, complétées par une partie à distance. Elles sont pensées pour les étudiants qui ne peuvent pas partir longtemps.
Le guide Erasmus études ou Erasmus stage compare les deux dossiers.
Combien de temps au total
Chaque cycle d’études ouvre droit à 12 mois de mobilité au maximum : 12 mois en licence, 12 mois en master, 12 mois en doctorat. Les séjours d’études et les stages s’additionnent dans ce plafond. Pour les cursus en un seul cycle, comme médecine, le plafond monte à 24 mois.
Un étudiant peut donc partir un semestre en licence, puis faire un stage de six mois en master, sans entamer le même compteur.
Dans quels pays
Le programme couvre 33 pays : les 27 États de l’Union européenne et six pays associés, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Macédoine du Nord, la Serbie et la Turquie.
Le Royaume-Uni et la Suisse ne sont pas associés en 2026. L’accord qui fait revenir le Royaume-Uni dans Erasmus+ a été signé en avril 2026, pour une participation à partir de 2027 : selon la Commission européenne, les premiers séjours individuels ne seront pas possibles avant le second semestre 2027. Pour la Suisse, un accord a été signé en novembre 2025 en vue d’une association en 2027, sous réserve du financement voté par le Parlement suisse. En attendant, certains établissements français proposent malgré tout des séjours dans ces deux pays avec une bourse Erasmus+, selon des règles particulières : demandez à votre service des relations internationales.
Dans les faits, vous choisirez parmi bien moins de 33 pays : vous ne pouvez partir que dans une université avec laquelle votre établissement, et souvent votre composante ou votre filière, a signé un accord. La liste peut compter trois destinations ou une centaine. C’est elle qu’il faut consulter en premier. Le guide Destinations aide à choisir parmi ces accords.
Ce que le programme paie, et ce qu’il ne paie pas
L’université d’accueil ne vous fait pas payer de frais de scolarité, d’inscription ou d’examen. Vous restez inscrit et payez vos droits dans votre établissement français, comme les autres années. Quelques petits frais restent possibles sur place, au même titre que pour les étudiants locaux : assurance, association étudiante, matériel.
La bourse Erasmus+ est versée chaque mois de séjour. Pour un étudiant parti de France en 2026-2027, elle se situe entre 292 et 606 euros par mois vers les pays les plus chers (Allemagne, Italie, Irlande, pays nordiques…) et entre 225 et 550 euros vers les autres pays européens. Chaque établissement fixe son montant dans ces fourchettes. S’y ajoutent une aide au voyage, plus élevée si vous voyagez en train ou en bus, un complément de 250 euros par mois pour les étudiants boursiers des échelons 6 et 7, en situation de handicap ou atteints d’une affection de longue durée, et 150 euros de plus par mois pour un stage.
La bourse ne couvre pas tout. Elle se cumule avec d’autres aides : maintien de la bourse sur critères sociaux, aide à la mobilité internationale du ministère, aides régionales. Le guide Bourse Erasmus détaille les montants, les conditions et le calendrier de versement.
Les trois documents à connaître
Un séjour Erasmus repose sur trois documents.
Le contrat pédagogique (Learning Agreement) liste les cours que vous suivrez à l’étranger et les crédits ECTS correspondants. Il est signé par vous, votre établissement et l’université d’accueil avant le départ, désormais en ligne dans la plupart des établissements. Une année à temps plein vaut normalement 60 crédits ECTS, un semestre la moitié. Votre établissement s’engage à reconnaître ces crédits à votre retour, sans examen supplémentaire. Si des cours changent une fois sur place, la modification doit être demandée dans les cinq semaines qui suivent le début du semestre.
Le contrat de mobilité (Grant Agreement) est signé avec votre établissement. Il fixe les dates du séjour, le montant de la bourse et les conditions de versement.
Le relevé de notes est envoyé par l’université d’accueil à la fin du séjour, normalement dans les cinq semaines qui suivent la publication des résultats. C’est lui qui permet la reconnaissance des crédits.
Et la langue ?
Les étudiants qui partent pour 14 jours ou plus passent un test de langue en ligne sur la plateforme OLS de la Commission européenne, sauf pour leur langue maternelle. Le résultat n’empêche pas de partir : il sert à mesurer votre niveau et à vous orienter vers des cours en ligne, gratuits et illimités pendant toute la mobilité.
En revanche, l’université d’accueil peut demander un niveau minimal pour suivre ses cours, souvent B1 ou B2 dans la langue d’enseignement. Beaucoup d’universités d’Europe du Sud et de l’Est proposent aussi des cours en anglais.
Par où commencer
Le calendrier dépend de votre établissement, mais il suit presque toujours le même ordre :
- un an environ avant le départ, consultez la liste des accords de votre filière et assistez aux réunions d’information du service des relations internationales ;
- déposez votre candidature, en général entre novembre et février pour un départ à la rentrée suivante ;
- une fois sélectionné par votre établissement, vous êtes proposé à l’université d’accueil, qui confirme votre admission ;
- préparez le contrat pédagogique, signez le contrat de mobilité, demandez les aides et cherchez un logement ;
- partez, faites signer votre attestation d’arrivée, suivez vos cours, puis rentrez avec votre relevé de notes.
Les étapes du dossier sont détaillées dans le guide Comment faire une demande Erasmus, et la préparation du départ dans la checklist avant le départ.


