Elisa : Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast “Etudier à l’étranger”, le podcast qui vous fait voyager d’étudiant en étudiant en passant par quelques experts de la mobilité internationale pour vous aider à partir à l’étranger sereinement.

Aujourd’hui, j’ai invité Ninon, une étudiante de droit partie en Erasmus à Naples pour parler de son expérience.

Bonjour Ninon.

Ninon : Bonjour Elisa.

Elisa : Est-ce que tu peux te présenter un peu et nous dire qui tu es et ce que tu fais dans la vie ?

Ninon, étudiante en droit parti à Naples pour 1 an…

Ninon : Je m’appelle Ninon Gagliardini, j’ai 23 ans, je suis grenobloise et actuellement je suis en prépa CRFPA qui est la préparation de l’examen d’entrée à l’école des avocats.

Elisa : Tu es parti un an à Naples et c’était l’année dernière.

Ninon : Exactement, je suis parti un an à Naples de septembre 2018 jusqu’en juillet 2019, c’était une expérience formidable forcément.

Elisa : Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi cette destination ?

Ninon : Avant de choisir Naples, j’avais choisi l’Italie tout simplement parce que ma maman est italienne, mon papa est français et j’ai toujours rêvé de vivre en Italie.

A la découverte de ses origines…

Ninon : J’ai toute ma famille maternelle qui vit en Sardaigne et c’est quelque chose qui m’a énormément manqué pendant mon enfance de ne pas les avoir près de moi.

C’était pour moi une manière de me reprocher d’eux, d’aller vivre dans leur pays et de côtoyer d’un peu plus près leur culture.

Et donc je voulais absolument partir en Italie et j’ai choisi la ville de Naples parce que c’est une ville qui m’a toujours énormément intrigué notamment à cause de tous les préjugés qu’on peut avoir sur celle-ci.

J’avais envie de voir ça de mes propres yeux, de voir cette ville de chaos comme on la décrit et je n’ai vraiment pas été déçue du choix que j’ai fait.

Elisa : Super, tu m’as expliqué en off comment c’était passé ton choix de destination, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus. Je sais que ça peut être intéressant pour les gens qui nous écoutent.

Naples ou Padova ?

Ninon : Oui effectivement, j’avais plusieurs possibilités au niveau des destinations en Italie, j’avais le choix entre des villes du nord, donc j’avais le choix entre Padova et d’autres villes dans le nord beaucoup moins connues et Naples.

Et toute ma famille italienne m’a dit qu’il ne fallait absolument que j’aille à Naples que c’était une ville avec énormément d’inégalités, une ville très pauvre et pas très sécurisée.

Du coup, j’ai écouté les a priori et  j’avais mis comme premier voeu Padova, qui est une ville juste à côté de Venise et j’ai été acceptée à Padova.

Au dernier moment avant que la fin des admissions se termine, j’ai changé de destination sans en parler à personne pour partir à Naples.

Pour suivre juste mon instinct, car Naples était la ville dans laquelle j’avais envie d’aller vivre pendant 1 an.

Elisa : Tu as choisi Naples pour terminer, et est-ce que tu peux nous raconter un peu plus ton histoire, ton expérience avec cette ville ? Tu m’as dit que tu avais fait des visites guidées et je voulais savoir ce que tu en avais pensé cette ville après ton expérience.

La dolce vita napolitaine

Ninon : Alors je pense que la première fois où j’ai posé le pied dans la ville napolitaine, je m’en souviendrais absolument toute ma vie.

J’étais tout simplement décontenancée et ébahit par une architecture, des bâtiments pour la plupart très délabre, c’est les ruelles qui sont très très étroites en pavés avec des immeubles où vous avez des balcons avec du linge qui pend à ceux-ci.

Je me suis retrouvée avec mes deux énormes valises, à les tirer au milieu des pavés et j’en ai cassé toutes les roulettes de mes valises…

Donc c’est pour vous dire que c’était une bonne arrivée. Je me souviens que je levais la tête et je regardais autour de moi et je me disais : “Mais, c’est là-dedans que tu vas vivre pendant un an !”.

Et puis vous avez le bruit des scooters, vous avez le bruit des voitures qui klaxonnent en permanence… Vous avez des gents qui hurlent dans les rues.

C’est une ville qui vit en fait, qui vit jour et nuit. Faut pas avoir peur du bruit, faut pas avoir peur des odeurs, que ce soient des odeurs de poubelle comme des odeurs de nourriture.

Pour vivre à Naples, je pense qu’il faut profondément aimer la vie parce que c’est une ville qui respire, les cris, les bruits, les odeurs et c’est quelque chose qui crée une espèce d’atmosphère où quand on sort de la ville c’est quelque chose qui nous manque.

C’est ça, c’est quand même assez paradoxal parce qu’on s’en plaint beaucoup, mais au final quand on s’en éloigne, on se dit : “C’est tellement silencieux, c’est tellement calme.”

Et je pense que c’est ça qui m’a autant plu à Naples.

Après à côté de ça, c’est une ville qui n’est pas chère du tout, c’est une ville méditerranéenne où vous avez forcément un climat où il fait beau, où il fait chaud.

Vous pouvez aller à la mer jusqu’à début novembre et commencer à vous baigner à partir de mars/avril.

C’est une ville qui monte et qui descend beaucoup, ce n’est pas forcément très très plat comme ça peut l’être par exemple à Grenoble.

Vous avez des points de vue avec des châteaux fortifiés qui ont été construits en haut de la ville avec une vue imprenable sur le golfe de Naples qui a un golf magnifique où vous pouvez voir notamment les 3 îles qui sont Capri, Ischia et Procida.

C’est à une heure et demie de Rome donc ça, c’est super agréable aussi.

Et vous êtes début de la côte Amalfitaine qui commence au sud de Naples et là vous tombez sur le fameux sentier des Dieux et il porte bien son nom.

C’est un sentier à flanc de falaise avec vue la mer et sur des criques paradisiaques, c’est un endroit qui est juste magnifique.

Elisa : En tout cas, ça donne vraiment envie de partir à Naples. Je n’y suis jamais allé à Naples en particulier et en tout cas comme tu l’expliques, ça donne vraiment envie d’aller manger une pizza,  d’aller profiter de cette belle ville.

Il y a aussi le volcan, comment s’appelle déjà le volcan ? Le Vésuve.

Ninon : Tu as bien résumé l’ambiance, le Vésuve, les pizzas, le soleil. Il faut aimer la dolce vita quoi.

Les études de droit à l’étranger… Comment ça se passe ?

Elisa : Certes, la vie était agréable à Naples, mais il faut savoir que toi tu es parti essentiellement pour tes études. Tu étais en 4e année de droit. Comment s’est passé tes cours sur place, tu peux nous en dire un peu plus sur ça ?

Ninon : J’étais en Master 1 droit privé mention droit pénal. Je suis parti étudier à l’université Federico II qui est l’université qui regroupe le pôle droit, économie, gestion à Naples.

C’est un Master qui est à la carte c’est-à-dire qu’on récupère le catalogue que propose l’université et c’est à nous de choisir les matières qu’on a envie de suivre.

Ça, c’est quelque chose que j’ai énormément apprécié parce que du coup forcément, vous pouvez choisir des matières qui vont vous intéresser donc c’est plus facile après pour les travailler.

Parce que même si on pense souvent que Erasmus, c’est une année sabbatique, je peux vous assurer que je n’ai jamais autant travaillé qu’en étant à l’université là bas.

Ça m’a demandé énormément de travail personnel…

En Italie ils ont une exigence qui est beaucoup beaucoup plus importante que celle en France. En tout les cas, j’ai trouvé.

La grosse difficulté aussi c’est que vous avez des examens oraux donc vous êtes interrogés par les professeurs, ça peut durer de 5 minutes jusqu’à 1h30 d’interrogation et c’est vrai que j’ai trouvé que c’était compliqué et qu’ils n’étaient pas forcément très tolérants avec les étudiants étrangers et encore moins quand on parle la langue.

Parce que c’est vrai que, étant d’origine italienne, j’avais cette facilité-là et c’est vrai que j’ai souvent eu l’impression qu’on me traitait comme une étudiante italienne et ça a été assez compliqué.

Elisa : Et du coup malgré ses difficultés, malgré le fait que faire un Erasmus en droit quand on est étudiant en droit c’est pas forcément bien vu par les directeurs de Master.

Est-ce que tu recommanderais quand même cette expérience pour un étudiant en droit ?

Ninon : alors effectivement ça, c’est une question un petit peu compliquée parce que faire des études de droit, ça ferme la porte à la mobilité.

Il faut savoir que les départs à l’étranger dans mon université n’étaient possibles qu’en Master 1.

Il fallait être titulaire d’une licence pour pouvoir postuler à la mobilité internationale et le problème c’est que la sélection se fait entre le Master 1 et 2 à cette époque-là.

Et du coup, on nous demandait de bien vérifier que les masters dans lesquels on allait vouloir postuler, en rentrant d’échange, les directeur allaient être d’accord de nous accepter malgré le fait que le Master 1, on ne l’ait pas fait dans une notre université habituelle.

Et effectivement il y a beaucoup de directeurs de Master qui ne veulent pas que le Master 1 soit effectué dans une université étrangère pour la simple et bonne raison que forcément moi, j’ai étudié du droit italien prendre 1 an et pas du droit français.

Du coup, ils estiment que ça fait un retard sur le programme habituel.

Après c’est propre à chacun, c’est surtout, je pense, dans mon caractère.

Je suis quelqu’un qui est très très déterminée. Quand j’ai une idée en tête, je ne l’ai pas ailleurs. Je rêvais de partir, et je me suis dit :”Je m’en fiche, si j’ai pas de Master 2, je m’en fiche, si le directeur de Master il ne comprend pas mon choix, je m’en fiche.

Moi, j’ai envie de partir, j’ai envie d’aller vivre un an en Italie, j’ai envie d’étudier dans cette universelle, j’ai envie d’apprendre le droit italien, j’ai envie d’apprendre le droit pénal italien.

Et bah, Ninon, tu y vas et si tu n’as rien en rentrant et ben, ce n’est pas grave, tu te retourneras, tu trouveras un plan B et au moins tu l’auras fait.”

Elisa : Pour ne pas avoir de regret ?

Ninon : Exactement !

Erasmus : la colocation, les amis, les soirées et… le retour

Elisa : Je voulais revenir avec toi un peu plus sur l’organisation de ton Erasmus, notamment sur le logement, car je sais que c’est un problème que beaucoup d’étudiants rencontrent : comment trouver un logement alors qu’on est en France, dans un pays qu’on ne connaît pas, dont on ne parle pas forcément la langue. Comment est-ce que tu as trouvé ton logement ?

Comment trouver un logement étudiant à Naples ?

Ninon : C’est peut-être même la question tabou de mon échange parce que moi, j’ai trouvé mon logement par le biais d’une association Erasmus qui est pas une association officielle.

Dans le sens où ce n’est pas l’association qu’on appelle ESN qui est l’association qu’on retrouve dans toutes les villes qui accueillent des étudiants étrangers.

À Naples, ils y avaient plusieurs associations qui s’occupaient des étudiants étrangers.

Moi j’ai trouvé par le biais d’une association dont je ne citerai pas le nom parce que je n’ai absolument pas envie de leur faire la publicité.

En fait, j’ai appris plus tard qu’ils ont pris une commission sur mon loyer c’est-à-dire que je versais un certain montant au propriétaire et sur ce montant-là, il y avait 20% qui allaient à l’association parce qu’ils avaient réussi à me trouver un logement.

En sachant que, c’est aussi Naples qui veut ça, malgré que c’est une ville absolument fantastique, faut pas lui enlever le caractère mafieux quelle a.

Du coup, j’ai trouvé un logement qui était quand même relativement cher par rapport au prix de l’immobilier. Et avec un appartement qui n’était pas forcément fonctionnel.

C’était une colocation, on était cinq, on avait qu’une petite salle de bain, une petite cuisine, après nos chambres étaient grandes, ça c’était plus cool.

Puis on avait chacune des balcons donc ça, c’était très agréable.

Mais sinon, si j’ai un conseil à donner, c’est de ne pas avoir peur d’arriver dans la ville sans logement.

De ne pas avoir peur de prendre une auberge de jeunesse pour une bonne semaine, le temps de chercher son appartement, mais vraiment d’être sur place pour pouvoir visiter et pour pouvoir se projeter, voir si le quartier nous convient, si l’appartement nous convient.

Et pouvoir voir le prix avec le propriétaire (directement) et que les choses se fassent en bonne et due la forme.

Elisa : C’est très intéressant ce que tu nous partages là, effectivement, beaucoup d’étudiants choisissent cette option de partir choisir leur logement eux-mêmes et effectivement ça a des avantages comme ça a des inconvénients parce qu’on ne s’est pas forcément où est-ce qu’on va arriver et si l’on va trouver quelque chose.

Ninon : Oui, parce que moi, ce que je n’ai pas dit en fait, c’est que ce logement je l’ai trouvé avant d’arriver à Naples.

En fait, les associations ont les contacts des étudiants étrangers qui arrivent en mobilité en septembre et du coup ils ont tendance à… Tout le monde le fait, mais, c’est pas mal parce que ça permet tout de suite d’avoir du lien en fait sur place.

C’est-à-dire qu’ils vous ajoutent sur Facebook, ils vous ajoutent sur des groupes dédiés aux associations qui vont s’occuper des étudiants étrangers.

J’ai tout de suite étais mise en relation avec le président d’une asso et c’est lui qui m’a dit qu’il avait des logements à disposition pour les étudiants étrangers.

Et si je le souhaitais, je pouvais faire un virement auprès du propriétaire pour bloquer l’appartement et comme ça quand j’arrive à Naples, je récupère les clés et j’ai tout de suite mon logement sur place.

Donc c’est vrai que c’était très confortable de ce niveau-là, mais après au niveau prix, on ne s’y retrouve pas au niveau du loyer en ayant cette démarche-là.

Après je ne regrette absolument pas parce que je suis tombé dans une collocation qui était absolument géniale. On était 5 nanas et c’était vraiment super.

Donc, si c’est à refaire, je leur referai, mais c’est vrai que si vous voulez trouver des loyers avantageux, il ne faut pas si prendre de cette manière-là.

Elisa : D’ailleurs, tu parles de tes colocataires et j’aimerais parler avec toi, des rencontres que tu as pu faire là-bas, car j’imagine que tu as fait un tas ! Et, est-ce que tu peux me raconter une ou deux rencontres que tu as pu faire là-bas qui t’ont particulièrement remarquées ?

Les amis avant tout !

Ninon : Alors une ou deux rencontres, ça va être compliqué parce qu’effectivement, tu l’as dit, j’en ai fait beaucoup, en plus, je suis resté un an donc on a le temps de voir du monde.

Mais si je dois énumérer les rencontres qui m’ont le plus marqué, c’est forcément mes colocs avec qui partager cette expérience pendant 1 an.

Parce qu’il faut savoir qu’on était toutes les cinq en Erasmus et donc, on a vécu toutes les cinq cette nouvelle expérience ensemble et c’était génial.

C’était une colocation assez internationale parce qu’on était cinq, il y avait deux Espagnols, une Française, une Franco-Britannique et moi et on parlait en italien, ce qui était plutôt rare.

Après on avait toutes un assez bon niveau donc ça permettait de communiquer dans la langue du pays dans lequel on était.

À ma rentrée, j’ai rencontré une fille qui s’appelle Charlotte, qui a été mon binôme pendant cette aventure. On est restées un an collées ensemble et elle m’a énormément apporté.

Ça a été un vrai soutien, une vraie épaule parce que j’ai eu des périodes où ça n’a pas était facile, ma famille m’a beaucoup manquée, surtout à la fin du premier semestre.

Et c’est vrai que je pense que si elle n’avait pas été là, c’est une expérience qui n’aurait jamais eu le même goût. Après, il y a tous les potes qu’on rencontre en soirée, avec certains qu’on sait qu’on va forcément garder.

D’autres qui auront partagé cette expérience-là avec nous, mais qu’on ne reverra sûrement jamais. Mais ce n’est pas grave, c’est aussi la beauté de la chose.

Et puis j’ai aussi accessoirement rencontré mon copain là-bas au début du second semestre.

Elisa : Finalement, tu te rends compte que partir en Erasmus, c’est un peu comme être dans “une maison des secrets” où tu es vraiment H24 avec les gens et vraiment, on partage beaucoup plus de façon beaucoup plus intense avec les gens et ça créé des relations assez particulières.

Ninon : Oui tout à fait, en fait, je pense que la valeur du temps n’est absolument pas la même que dans notre pays d’origine, les sensations sont absolument décuplées et c’est ce que je dis d’ailleurs l’un de mes premier post Instagram que j’ai fais en arrivant à Naples. Je dis : “j’ai l’impression d’avoir un troupeau d’hormones post-partum.”

J’avais l’impression que tout ce que je vivais était 100 fois plus intense que si c’est quelque chose qui m’était arrivé à Grenoble.

Elisa : Oui parce que c’est dans une durée de temps déterminée avec des gens, tu es un peu comme une bulle en fait et on se dit qu’on va vivre les choses intensément et il y aura pas de deuxième chance, il n’y aura pas d’expérience. C’est unique et c’est propre à chacun.

Ninon : C’est tout à fait ça, il y a cette notion de “c’est pas éternel”, c’est 1 an, c’est 1 an de notre vie et ce ne sera pas plus.

Et du coup, on a envie de faire tellement de choses à la fois, de profiter au maximum et du coup, ça rend les choses décuplées, sensationnelles d’un seul coup.

Je pense que les amitiés qu’on fait en Erasmus, c’est des amitiés qui sont très très différentes des amitiés qu’on peut faire dans la vie courante.

On tise des liens beaucoup plus importants, beaucoup plus forts.

Elisa : Est-ce que tu peux nous raconter une anecdote dont tu te souviendras probablement toute ta vie ?

Les anecdotes d’une étudiante français à Naples…

Ninon : Une anecdote ? Ah non, une anecdote ce n’est pas possible, il y en a beaucoup trop, en choisir une c’est très compliqué.

(…)

Alors j’ai envie d’en raconter deux, parce que mon Erasmus m’a apporté beaucoup de choses et je trouve que les deux sont importantes.

La première, c’est une soirée qu’on avait organisée avec mes colocs dans un bar qui avait ouvert juste en bas de mon immeuble.

C’est un bar qui était tenu par un couple qui est devenu un couple d’amis, qui avaient peu près l’âge de nos parents, donc c’est devenu nos parents adoptifs.

Une de mes colocataires s’est occupée de la communication de ce bar à partir de son ouverture et du coup, on avait organisé une soirée.

L’enjeu était que la plupart des étudiants étrangers de Naples viennent à cette soirée.

Et c’est chose qu’on a quasiment réussie parce que il y avait beaucoup de monde.

Je pense qu’on était entre 200 et 300 personnes.

Et en fait moi,  j’habitais à l’entrée d’un quartier très très populaire à Naples qui s’appelle le quartier de Forcella dont parle beaucoup Roberto Saviano, dans nombreux de ses livres.

Et c’est un quartier qui vit beaucoup la nuit, mais qui vit pour des choses malhonnêtes malheureusement.

Et en fait, on s’est retrouvé sur cette place, en bas de mon immeuble, dans ce tout petit bar qui doit faire 6 mètres carrés.

Vous avez vraiment à peine la place de passer, juste de quoi faire des Spritz et un w.c., parce que forcément quand on en boit 10 dans la soirée, on a un peu envie de faire pipi à un moment.

On s’est retrouvé avec toutes ces personnes sur cette place, à boire, à danser, à parler et puis, c’était vraiment une soirée internationale alors ça parlait toutes les langues.

Au milieu de ce quartier qui est malheureusement animé par les organisations mafieuses. Et là, je me suis dit : “Ouais bah ce soir, la vie elle gagne”.

Et ça, c’était un moment vraiment très très important pour moi.

Le deuxième moment, je pense que je prendrais une journée (…) c’était au moins de juin, juste avant que je rentre. On est parti à la plage sur la côte Amalfitaine avec mes copains.

Et on avait mangé un sandwich qui était délicieux, qu’on avait pris dans une petite trattoria juste en haut de la crique, et c’était une crique où il y avait plein de spots pour pouvoir sauter.

Il y avait une vue sur le Vésuve, c’était absolument magnifique. Et sur le retour dans le train, pour rentrer à Naples, on s’est arrivé dans une petite ville, une espèce de station balnéaire.

On s’est commandé des bouteilles de vin en terrasse avec vue sur le port avec le coucher de soleil et on a mangé des anchois frits et c’était juste magique.

Et ça, ça résume bien la vie que j’ai un peu menez là-bas, c’est-à-dire la dolce vita. Et le fait, “laissez-moi vivre mon truc”.

Ça ne sera qu’un donc laissez-moi tranquille quoi. Et c’était vraiment cool cette journée…

Elisa : Whaaooh ! Très belle anecdote qui fait beaucoup envie. Et, je vais peut-être être un peu abrupte, mais du coup, je voulais parler avec toi de ton retour du coup, parce que c’est vrai que le rêve Erasmus est beau, mais le retour est parfois un peu violent et donc je voulais savoir comment tu avais vécu ton retour.

Et le retour… Tu y penses déjà ?

Ninon : Ça c’est quelque chose dont on parle peu et moi, j’ai une de mes meilleures amies qui est partie en échange l’année précédente, l’année juste avant que moi je parte.

Quand elle est rentrée, je l’ai retrouvée très très très mal, elle a fait une espèce de dépression post-Erasmus, c’est quelque chose dont tu es donc on parle peu.

Je ne sais pas si c’est un sujet tabou, ou pas, mais c’est quelque chose qui n’est pas souvent évoqué et je pense que c’est important d’en parler.

C’est vrai que le retour, c’est souvent compliqué.

Moi je me suis un peu obligée à m’y préparer parce que j’avais vu mon ami tellement mal que je m’étais un peu mis dans la tête : “Ecoute Ninon, faut vraiment que tu sois consciente que début juillet c’est retour en France, retour Grenoble”.

Je pense que ça m’a beaucoup aidée, c’est horrible à dire, mais de l’avoir vu mal ça m’a beaucoup aidé à moi mieux gérer mon retour.

Elisa : T’y préparer peut-être ?

Ninon : M’y préparer ouais aussi. Je pense que j’ai fait en sorte de vivre les choses pour n’avoir aucun regret en rentrant.

Donc ça, je pense que ça facilite aussi beaucoup de choses. Mais le retour, c’est dur… (…)

Elisa : est-ce que tu aurais des choses à conseiller peut-être pour des étudiants qui nous écoutent et qui auraient été en Erasmus récemment et qui ont du mal à vivre leur retour ?

Ninon : Je pense qu’il faut avoir conscience qu’on a une chance inouïe. Et juste pour ça, on n’a pas le droit d’être triste. Parce que ça nous arrivé, on l’a vécu et juste pour ça, on n’a pas le droit d’être triste.

Et moi, c’est ce que je me dis, et après j’ai une méthode aussi qui est peut-être pas forcément la bonne, c’est que je m’occupe beaucoup.

Je me fais des grosses journées à rallonge avec plein de choses à faire pour ne pas y penser.

Les photos, j’évite de les regarder.  Et j’appelle les gens que j’ai rencontrés là-bas, les gens que j’aime et on en parle et cette expérience revit à travers nous. Et c’est beau.

Mais voilà, je pense que de toute façon les personnes qu’on rencontre là-bas, moi je sais qu’il y a énormément de français que j’ai rencontré là-bas qui sont en France aujourd’hui et que j’arrive à voir régulièrement.

C’est important de garder ça.

Parce que c’est la seule chose qu’on a ramenée et Naples je ne pouvais pas la mettre dans ma valise, ce n’était pas possible, mais par contre eux, ils ne seront jamais loin et se faire un week-end de temps en temps tous ensemble c’est faire revivre cette expérience.

Elisa : Cette expérience n’existe du coup que dans vos mémoires et vous pouvez la partager quand vous êtes ensemble. C’est une belle façon de voir les choses.

Et pour finir ce podcast…

Elisa : Pour terminer, pourquoi est-ce que tu as tenu à faire ce podcast avec moi aujourd’hui ?

Ninon : Je pense que c’était important pour moi de partager mon expérience pour faire comprendre aux personnes qui hésitent encore à partir, que ce soi par rapport aux a priori qu’ont leurs universités, où leur entourage.

Que c’est une opportunité qu’il faut savoir saisir.

Parce que ce sera sûrement la plus belle année de votre vie. Donc ceux qui hésitent encore à signer les papiers et à ouvrir leurs valises, faites-le.

Et ceux qui sont sur le point de partir, profitez-en, ça passe beaucoup trop vite.

Et éclatez-vous, parce que c’est une fois dans votre vie malheureusement.

Elisa : Merci Ninon, pour ce partage d’expérience, je suis sûr que ça va aider beaucoup d’étudiants à partir plus sereinement, peut-être à Naples, peut-être ailleurs et je tenais vraiment à te remercier parce que c’était vraiment un beau témoignage.

 

Merci à vous d’avoir écouté/lu ce podcast jusqu’au bout, si vous m’écoutez/lu jusqu’ici, c’est que vous avez probablement apprécié ce podcast alors je vous laisse me laisser une note sur Apple Podcast. Vous pouvez également le partager à votre entourage pour m’aider à le faire connaître. Si vous souhaitez aussi témoigner d’une expérience à l’étranger de longue durée dans un contexte étudiant ou non, merci de m’envoyer un mail à l’adresse : contact@destinationerasmus.com.

 

À très vite pour un nouvel épisode.

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De retour d'Erasmus en Irlande, j'ai tellement aimé cette expérience que j'ai décidé de créer ce blog Destination Erasmus pour te donner des astuces simples et utiles pour t'organiser et partir toi-même... Destination l'Etranger !

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