Interview : Comment faire des rencontres à l’étranger quand on ne connait personne ?

C’est vrai que ça peut faire un peu peur de partir seul dans un pays où on ne connaît personne

Même si à priori, ça ne parait pas sorcier de faire des rencontres, nous n’avons pas l’habitude de partir de 0.

Oui car en France, vous avez l’habitude de rencontrer les amis d’amis d’amis mais lorsque qu’on part à l’étranger et qu’on ne connait PERSONNE, il faut bien commencé quelque part !

Surtout si vous voulez rencontrer des locaux...

Parce que, oui, il est facile de rencontrer des Français !

Nous sommes dans notre zone de confort, on profite bien et puis, c’est lorsque le séjour est bientôt terminé que vous vous rendez compte que vous n’avez presque pas parler avec des locaux… Ou même avec des étudiants internationaux.

Pour ne pas que ça t’arrive, je voulais vous partager le témoignage de ma cousine Auriane, parti 6 mois à Santiago au Chili… Elle nous raconte comment elle a réussi à faire des rencontres à l’étranger et quelqu’une de ses péripéties 🙂

J’espère que cette interview vous donnera des idées créatives pour rencontrer des locaux et de sortir de votre zone de confort.

Bonne lecture.

Peux-tu nous parler du contexte de ton départ à l’étranger ?

Je suis parti au Chili pendant ma quatrième année d’étude.

J’avais un équivalent d’un Bac +3 et j’étais en deuxième année d’école de commerce.

J’ai décidé de partir au Chili pour plusieurs raisons…

Raconte-nous pourquoi tu as choisi le Chili !

Premièrement, parce que j’adore l’Amérique du Sud, j’avais très envie d’y retourner, mais dans un autre pays.

J’ai commencé par la Colombie et j’avais envie de découvrir un nouveau pays en Amérique latine.

J’ai beaucoup hésité entre le Chili et la Bolivie et j’ai choisi le Chili un peu par hasard parce que j’en avais entendu du bien et aussi parce que j’avais envie d’être dans un pays où je serai confrontée à un certain choc culturel.

J’avais entendu dire que l’Argentine ressemblait beaucoup à l’Europe donc j’avais envie d’aller dans un pays où il a plus de différences culturelles.
Donc j’ai choisi le Chili pour ça.

Pourquoi le Chili et pas un autre pays d’Amérique du Sud ?

J’étais très intéressée par la culture sud-américaine et j’avais envie d’avoir un certain choc culturel.

Mais, je voulais quand même avoir une qualité de vie qui me permet d’être à l’aise dans le pays.

Pour combien de temps es-tu parti à l’étranger ?

C’était un échange universitaire de 5 mois à l’université catholique de Santiago.

Est-ce que tu peux nous partager les préparatifs de ton départ ?

Je suis parti complètement à l’aventure.

Je savais qu’il y avait des étudiants français qui allaient venir dans la même ville que moi. Mais je ne voulais surtout pas les rencontrer avant de partir !

Il y avait quand même une famille qui m’attendait sur place, j’ai logé pendant 2 semaines chez une famille chilienne que mes parents connaissaient.

Donc je ne suis pas parti sans rien qui m’attendait là-bas…

Par contre, je suis juste parti avec un sac à dos, 2 ou 3 affaires, un petit peu sur un coup de tête sans vraiment réaliser que j’avais 4 mois de vie qui m’attendait là-bas et non un voyage.

J’allais vivre une vie quotidienne comme n’importe quel étudiant !

Dans quel état d’esprit es-tu parti à l’étranger ?

J’avais très envie d’être surprise en fait… Rencontrer du monde et être complètement transportée par mon expérience. Je n’avais pas d’attente précise.

J’avais juste envie d’être complètement dans un nouveau contexte : voir quelle personne j’allais devenir, comment j’allais réussir à parler espagnol et comment ça allait se passer dans une université où je ne connais pas un chat.

J’avais envie de naturellement voir ce que ça allait donner. Donc je ne voulais surtout pas rencontrer du monde avant. Enfin rencontrer les Français qui allaient être là-bas.

Comment imaginais-tu la rencontre pendant ton échange ?

Dès le début, j’ai vraiment mis la priorité sur les locaux.

Dans ma tête, c’était clair et net, si j’allais au Chili ce n’était ni pour parler français ni pour parler anglais.

Déjà, ça à commencer avec la famille, mais au-delà de ça, j’avais très très envie de parler espagnol donc pour moi, c’était soit rencontrer des Chiliens soit des internationaux d’Amérique du Sud hispanophone.

J’ai fini par me mettre en collocation avec 2 Argentins qui avait le mode de vie Erasmus parce qu’ils étaient aussi en échange universitaire. Mais, il y avait toujours ce choc culturel et il y avait toujours l’espagnol.

Par contre, au niveau des rencontres amicales c’était clairement l’envie de vivre la vie chilienne entourée de Chiliens, manger chilien, parler chilien, vivre chilien.

Une fois arrivée sur place, as-tu eu des doutes sur la possibilité de rencontrer des locaux ?

J’ai eu un moment de flip au tout début.

J’ai passé 2 semaines dans la famille chilienne et après je suis parti 2 semaines en voyage avec mon back pack toute seule.

Je suis allée dans le sud du Chili où j’ai rencontré une française qui a vécu 6 mois à Santiago et qui a très mal vécu ces 6 mois parce qu’elle n’a rencontré personne.

Et elle m’a dit : “Tu vas voir, c’est pas facile de faire des rencontres et moi j’ai passé 6 mois seule à déprimer dans mon appartement”.

En fait, c’est seulement à ce moment-là où j’ai réalisé l’ampleur du risque que je prenais.

Potentiellement, les choses pouvaient mal se passer. Avant je ne m’en étais pas rendue compte. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que si je ne rencontrai personne, ça allait être une mauvaise expérience.

Après, je suis rentrée à Santiago avec cette question : «Est-ce que je vais vraiment réussir à m’intégrer ? »

J’ai vraiment cette tendance à foncer tête baissée dans une aventure sans même imaginer que ça pourrait mal se passer. Et puis je débarque et là, il suffit d’une rencontre pour me faire douter.

Ça ne m’a pas empêché de rebondir derrière et finalement ça s’est très bien passé…

Justement, est-ce que tu peux nous raconter les rencontres que tu as faites et surtout comment tu t’y es prise ?

Les 2 premières semaines à Santiago ont été supers intéressantes parce que j’y suis allée en mode “Yes Man”. Zéro Limite. Donc, je disais oui à tout.

J’ai même suivi des inconnus dans des soirées.
J’ai fait énormément de rencontres, j’ai rencontré des Chiliens et des internationaux. Je proposais des activités à droite à gauche alors que je parlais à moitié espagnol. Ça s’était vraiment fort en rencontres.

À la fois, j’ai eu une grosse désillusion plus dans mon université et dans les cours… Je pensais que les cours allaient être le premier vecteur de rencontres alors qu’en fait, j’ai eu énormément de mal à créer des liens avec mes collègues de classe. Et à la fin, je n’en ai même jamais créés.

J’ai eu de grands moments de solitude les rares journées où j’avais cours toute la journée et je n’avais pas vraiment d’amis dans les cours où j’allais.

J’ai mené une sorte de double-vie, parce qu’à côté, je me suis fait des amis chiliens en disant oui à tout.
J’ai rencontré les amis d’amis et les amis, d’amis, d’amis…

Donc, je me suis fait tout un réseau d’amis très proches. J’ai aussi rencontré des amis internationaux notamment dans ma collocation, qui est devenue comme une famille pour moi.

On organisait des soirées, on était très populaires. Il y a eu un bon nombre de soirées et d’activités d’organisé chez nous ce qui fait qu’on brassait énormément de monde.

Et, en parallèle, je me retrouvais seulement pendant mes journées de cours. Du coup, j’étais un peu déconnectée des cours et de mon université.

Est-ce que tu peux nous raconter une ou deux expériences de rencontres qui t’ont particulièrement marquée ?

J’avais tellement envie de faire des rencontres que c’était mon objectif principal avant même de suivre des cours à l’université.

Comme je n’arrivais pas à faire des rencontres pendant les cours, j’avais développé toutes sortes de petites techniques pour essayer de créer des liens avec les gens en cours.

Du coup, je débarquais en cours sans stylo et je demandais des stylos à mes voisins pour pouvoir juste créer le premier contact et essayer de voir si la discussion s’enclenchait là-dessus.

Il s’avère que ça n’a pas du tout marché parce qu’ils étaient très gentils, ils me prêtaient des stylos à chaque fois en souriant, mais il y a une différence culturelle qui fait que les Chiliens ne parlent pas du tout en cours.

Ils sont très sages, ils écoutent énormément parce que leurs parents s’endettent quasiment à vie pour leur payer l’université. Donc il a un respect du contenu du cours et du professeur qui est tel qu’il n’y a absolument aucune place à la discussion en cours.

Dans cet état d’esprit “Yes Man” qui m’a permise de faire des rencontres improbables, je me suis retrouvée un moment donné à la fin d’une soirée d’accueil étudiante où j’avais rencontré des gens très sympas.

Après, je suis reparti toute seule dans le métro où j’ai rencontré des personnes qui sortaient de la même soirée.

J’ai sympathisé avec eux et ils m’ont proposé un barbecue sur un toit. À la place de rentrer chez moi, j’ai suivi des inconnus que j’avais rencontrés dans le métro, à une soirée barbecue sur un toit avec des bières.

Et j’ai passé la soirée à rencontrer des personnes super intéressantes qui venaient d’Espagne, du Chili et d’un peu partout dans le monde alors que je les avais rencontrées sur une rame de métro.

Par contre avec le recul, je me rends compte que ça aurait pu être dangereux de me lancer dans des expériences comme ça du haut de mes 21 ans au Chili. Ce n’est pas ce que je recommande à tout le monde.

Par contre, le fait de ne refuser aucune opportunité et de n’avoir peur de rien ça m’a énormément aidé à me faire des amis.

Est-ce qu’avec ton recul et ton expérience, tu peux nous donner quelques conseils pour rencontrer des locaux pendant un échange à l’étranger ?

Je vous conseille de profiter de chaque minuscule opportunité. Et pour ça, vous devez arriver en Erasmus avec un état d’esprit où vous ne réfléchissez pas à vos peurs.

Vous ne devez pas vous poser trop de questions.

En échange universitaire, on a tendance à se découvrir une nouvelle personnalité parce qu’on est plus dans notre environnement habituel.
Ce que je conseille c’est de lâcher-prise total et laisser s’exprimer pleinement cette nouvelle personnalité. Et assumer complètement cette personnalité auprès des gens que vous rencontrez.

Ça peut vous permettre de débloquer un certain nombre de choses chez vous qui ne sont pas forcément débloquées quand tu es dans ton pays d’origine.
Parce que le contexte est complètement nouveau, les personnes sont nouvelles, il n’y a plus d’enjeux.

Si on y va sans enjeux et sans attentes, en se disant : « Je m’en fiche, de toute façon je suis qui je veux, je fais ce que je veux parce que dans 6 mois je ne serais plus là », on a tendance à être vraiment nous-mêmes et c’est à ce moment qu’on fait les rencontres les plus intéressantes.

Dans les pays où il est a priori plus difficile de faire des rencontres, il faut ne pas hésiter à jouer le vrai étranger quitte à passer pour un idiot, car les locaux sont très curieux dès qu’ils voient un étranger.

Même si au premier abord, ils peuvent paraître très timides, au fond ils sont très curieux de savoir comment ça se passe en France.

Il faut dépasser cette timidité. De plus, certains gestes ou attitudes hautaines ne sont en réalité que de la timidité. Si vous voulez rencontrer ces personnes, vous devez casser cette barrière-là, ça permet de créer des liens beaucoup plus facilement.

 

Merci à Auriane d’avoir répondu à cette interview !

J’aimerais conclure cet article en vous disant que si vous avez comme objectif de faire des rencontres à l’étranger alors ne vous arrêtez à la première difficulté

J’ai moi-même abandonné trop vite lorsque je suis parti pour mon Erasmus en Irlande et je regrette aujourd’hui !

Vous avez 1001 façons créatives pour briser la glace : empruntez des stylos en cours, trouvez-vous un objet qui vous distingue et qui questionne, sortez, adaptez-vous…

J’ai un petit jeu à vous proposer : quel serez votre méthode originale pour rencontrer des personnes à l’étranger ? La méthode la plus originale remportera un petit quelque chose 🙂 

Si cet article vous a donné envie d’aller étudier à l’étranger, je vous propose de télécharger le guide pour gérer les formalités administratives comme un chef et assurer votre départ !

A très vite 🙂

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De retour d'Erasmus en Irlande, j'ai tellement aimé cette expérience que j'ai décidé de créer ce blog Destination Erasmus pour te donner des astuces simples et utiles pour t'organiser et partir toi-même... Destination l'Etranger !

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